[faites … des Pères]

Fête des pères. Américaine en tout cas. Nous, sommes tellement hospitaliers que nous avons ouvert nos portes et fenêtres à toutes les fêtes d’ailleurs. C’est ainsi que chaque année, on en vient à fêter plusieurs fois par an les fêtes de père et de mère en plus de notre fête des parents (on ne veut pas les séparer). Peu importe, puisqu’abondance de bien ne nuit pas.

Fête de père, je pense à mon père. A notre histoire peu commune mais assez banal d’un départ qui n’a pas attendu De me voir grandir, un départ, juste le temps de me voir apprendre à marcher, un départ, même pas le temps de me voir courir.

Je pense à mon père. Pas à son visage que des photos m’ont appris à dessiner dans ma mémoire. Non ! Je ne pense pas à l’histoire de sa vie qu’au fil des ans, j’ai recomposé comme un puzzle. Non ! Je ne pense pas à ce nom que je porte en partie et que j’astique du mieux que je peux pour que de là haut, il le voit briller. Non, ce à quoi je pense en ce moment, c’est à sa voix. Cette voix que je rêve de stentor, un peu nasillarde comme la mienne. Cette voix, je l’ai bien entendu à l’aube de ma vie, crépuscule de la sienne. Cette voix se trouve quelque part en moi, dans ces mémoires parallèles des choses dont on ne se souvient pas. Cette voix, la voix de mon père, le moi enfant, l’a entendu mais le moi adulte l’a oublié. Comme j’aimerai tellement l’entendre …

Forcément quand on a perdu son père avant d’avoir trois ans, le jour de la fête des pères … on pense à sa mère. Cette femme qui se levait avec le courage et détermination, pour que la faim et le dénuement ne nous effleurent pas. Nous ? Oui bien-sûr, parce que si ma mère n’a connu les douleurs d’enfantement que pour moi, en bonne mère africaine, elle l’a été pour plusieurs.

Quand je pense « fête des pères », je pense aussi à mes pères de substitution, tous ceux qui ont joué ce rôle en parties plus ou moins grandes ou petites et qui puisent leur récompense dans le plaisir de me voir avancer pas à pas, grâce aux forces gagnées dans leur amour. L’un d’eux en particulier mérite cet honneur, celui dont j’ai suivi la trace même professionnelle, et qui est tellement discret et réservé, qu’il m’en voudrait de tracer son nom ici.

Mais cette célébration ( sur les réseaux sociaux, je doute que les pères aient reçu bcp de cadeaux aujourd’hui), me fait penser surtout à tous les hommes et les femmes en désir de parentalité mais dont les vœux n’ont pas encore été concrétisés. On ne le dit jamais assez, l’une des plus grandes violences de notre société est exercée sur les couples en attente de parentalité. Alors que cette situation est intrinsèquement violente. Les pressions, les humiliations, les brimades, rien n’est épargné. Surtout aux femmes. Désirer avoir un ou des enfants est légitime. Mais notre société doit accompagner ce désir, pas en faire un affreux épouvantail. Quelque soit ton envie d’avoir un neveu, il n’est pas plus grand que celui de ton frère ou ta sœur d’avoir un fils ou une fille. Ce sujet est certes difficile mais il est crucial qu’il soit abordé publiquement et que chacun soit sensibiliser.

Voilà ! C’était ma journée fête de père… américaine. Car en fin de compte, américaine ou non, l’important n’est pas de fêter les pères, mais d’en faire des vrais. Faites des pères donc.

4 commentaires sur “[faites … des Pères]

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